« Gunslinger Girl » de Yu Aida

25 11 2010

Cette semaine je vous propose un article sur l’un de mes séries de manga préféré, « Gunslinger Girl », puisque le dernier tome est sorti le 18 novembre. J’avais découvert cette série par le biais de l’anime du même nom qui passait sur NRJ 12. L’histoire sortait un peu du lot des autres productions d’animés diffusés en France à cette époque, j’ai vite vu que celui si avait quelque chose de plus. Je me suis donc rendu chez mon libraire préféré (le bazar du bizarre pour ne pas le citer) pour y découvrir la version papier car, comme on dit, de l’anime au manga il n’y a qu’un pas. Arrivé au douzième tome de la série , je ne regrette nullement mon choix.

gunslinger girl

Le premier tome de la série Gunslinger Girl

Je me suis vite rendu compte que l’anime du Studio Mad House ne développait qu’en fait les tous premiers tomes du manga. Je suis donc vite arrivé sur de l’inédit qui m’a fait encore plus apprécier cette série. Le manga était à l’époque sorti chez Asuka Editions (qui depuis a été racheté par Kaze), un petit éditeur qui choisissait plutôt bien les titres de son catalogue. Mais trêves de bavardages et allons au vif du sujet.

Afin de faire face à la criminalité et au terrorisme qui ronge la République, le gouvernement italien décide de créer une nouvelle division au sein de ses services secrets : un nouveau corps d’agents se constitue, fait de soldats cybernétiques surentrainés aux tactiques et au maniement des armes. Ils iront sur le terrain pour effectuer les missions les plus délicates contre le crime organisé et les dangereux terroristes à la solde des mouvements d’extrême droite. Un seul problème à cette équation, les agents de terrain sont toutes de jeunes filles hautes comme trois pommes.  Chaque fille est entrainée et dirigée par un « fratello » (qui veut dire frère en italien) qui leurs donneront tous leurs ordres.

Pour maintenir cette activité sous couverture, tous les agents font partie de l’Agence d’aide sociale, mise en place pour développer la recherche médicale et l’assistance dans le pays. Au fur et à mesure des tomes, on se rend compte qu’en réalité les fillettes de l’agence ne sont pas là par hasard, elles ont toutes subi un traumatisme, aussi bien physiques que moraux. Pour qu’elles ne se rappellent plus de leur passé, elles sont « reconditionnées ». Une grande partie de leur corps a été modifié par des implants qui peuvent être remplacés en cas de blessures, mais qui leurs permettent aussi de décupler leur force et de rester plus longtemps actives sur le terrain qu’un être humain normal. Rompues au maniement des armes et des techniques de combats, on en fait de parfaites machines à tuer qui n’éveillent pas les soupçons. Après tout, qui irait imaginer qu’une petite fille bien propre sur elle porte une mitraillette dans son étui à violon?

cyborgs

La première générationdes cyborgs de l’agence d’aide sociale.

Au fil des tomes, on en apprend plus sur les différents personnages de la série, particulièrement sur le passé des fillettes, mais aussi de leurs « fratelli ».Si, à première vue, on peut craindre le côté fan service type « nanas et guns » du manga, cela est vite démenti. Ici, la psychologie des personnages prend une place prépondérante. On peut citer, par exemple ,toute la problématique entre les filles et leur « fratello » dont elles ont tendance à tomber amoureuses, ce qui les pousse à protéger de leur vie leur bien aimés. De l’autre côté, on voit comment les agents « adultes » essayent de gérer  une relation complexe avec ces fillettes ayant toutes un passé douloureux dont elles ne se rappellent pas mais qui a tendance à refaire surface. Quelles sont les motivations qui les ont poussés à entrer dans l’Agence ? On découvrira qu’en général eux aussi, ont un lourd  passé qui les a guidé dans ce chemin.

On suit une histoire captivante et des plus noires qui nous amène au questionnement sur de nombreux sujets brûlants d’actualité, l’enfant soldat étant en tête évidemment. L’œuvre nous perturbe et pose sans cesse la question de savoir si la fin justifie les moyens.

Yu Aida a sans nul doute fait de nombreuses recherches sur l’Italie avant de commencer son manga, on le perçoit dans ces petits détails qui ne trompent pas. Tout l’arc sur la Camora (la mafia napolitaine) est bien documentée, les différentes villes d’Italie sont parfaitement retranscrites dans le manga, c’est presque comme si on y était. C’est  un manga absolument magnifique qui, j’espère, aura une fin digne de la série.





« Zombillénium » d’Arthur de Pins

2 11 2010

Halloween n’étant pas loin je me suis dit qu’il était de bon ton de faire un petit article dans l’air du temps. Je vais donc vous parler cette fois si de « Zombillénium », la nouvelle bande dessinée de Arthur de Pins. Cet auteur ne vous est sans doute pas inconnu car il a déjà officié sur les bandes dessinées « Péchés mignons » qui sortent dans le magazine Fluide Glamour, mais il a aussi réalisé les illustrations de la série des « Osez… » chez la Musardine Editions. On peut dire que cet auteur s’est fait un style propre très distinctif avec des personnages SD (super deformed, une grande tête et un petit corps) et un trait de dessin très informatique.

peches mignons

Péchés Mignons, la première série de Arthur de Pins pré-publié dans le magazine « Fluide Glamour »

J’avais beaucoup aimé son humour avec un zeste d’érotisme de sa série principale « Péchés Mignons », qui, d’après moi offre un peu de fraicheur dans l’univers fluide glacial. Je dois avouer que j’avais un peu d’appréhension vis à vis de cette nouvelle BD étant donné que son travail dans le collectif « Coiffeurs pour dames » n’était pas franchement un succès. Toutefois cette BD étant éditée chez Dupuis, je me suis dit qu’il fallait peut être tout de même y jeter un coup d’œil. Après lecture, je dois dire que j’ai bien fait de passer outre ma première appréhension puisque cette bande dessinée est vraiment sympathique et apporte du nouveau dans le créneau super encombré de la thématique « Zombie ».

Parenthèse à part, il faut tout de même avouer que les zombies sont partout en ce moment, il suffit de regarder les étals des libraires et le nombre de films ainsi que les jeux vidéos qui traitent ce thème. Cet article est donc fait pour vivement conseiller cette BD qui plaira même aux gens qui ne sont pas fan de zombies. Ici pas de gore, de tripes dans tout les sens, de cannibalisme à tout va. Tout simplement un parc d’attraction où tous les employés sont des créatures surnaturelles et ce, à l’insu des visiteurs. Un espèce de Disney Land de l’épouvante mais pas trop tout de même ou les petits et les grands peuvent venir se divertir. Le pitch de la série est bref mais simple:

« Ici, on embauche… pour l’éternité. »

zombillenium

Gretchen, le premier tome de la série « Zombillénium »

On y suivra donc les aventures d’une toute nouvelle recrue… qui l’est devenue à son insu ainsi que celle d’une stagiaire, Gretchen (qui donne son nom au premier tome), un peu particulière qui a visiblement des dons extraordinaires mais qui ne sont pas facilement contrôlables. Vous en dire plus ne ferait que gâcher le plaisir de la lecture. Je dois tout de même dire que je pense qu’Arthur de Pins est sans doute un grand fan de Michael Jackson.

Niveau dessin, on voit que Arthur, tout en restant dans le même style graphique a tout de même changé un peu sa manière de dessiner. Ici les personnages sont plutôt de taille proportionnés et peut être un peu moins schématisés que dans sa série « Péchés mignons ». C’est donc pour moi une franche réussite, un scénario sympathique avec beaucoup d’humour et un bon développement en perspective.  J’attends la suite de cette série avec une grande impatience.





« L’île de Hôzuki » de Kei Sanbe

26 10 2010

En recherche d’un nouveau manga à lire ces derniers temps je suis allé voir mon magasin Manga préféré, le « Bazar du Bizarre » ou l’on m’a conseillé ce petit manga un peu à part, « L’île de Hôzuki ». Comme une personne avisée en vaut deux, je suis allé à la médiathèque Sonanbul pour voir s’ils les avaient, ce qui était le cas. Après la lecture des premiers tomes, j’étais tellement pris par l’histoire que je suis allé dès le lendemain prendre la fin de l’histoire au Bazar. Nul besoin de dire donc que j’ai véritablement adoré cette histoire, mais sans plus attendre voici le pitch de ki-oon:

Abandonnés par leur mère, deux enfants sont envoyés dans un centre de réadaptation sur l’île de Hôzuki. Kokoro et sa sœur aveugle, Yume, découvrent que leur nouveau foyer compte seulement quatre élèves, pour autant de professeurs.

Petit à petit, les langues se délient. Les histoires des autres pensionnaires font froid dans le dos: à les en croire, meurtres, disparitions, visions fantomatiques et sombres machinations se succèdent sur cette île inquiétante… Pour survivre, les enfants n’ont qu’un seul mot d’ordre: ne se fier aux adultes sous aucun prétexte.
Un petit bijou horrifique en 4 tomes signé Square Enix. »

cover Hozuki

Les couvertures des quatre tomes de « l’île de Hozuki »

J’étais tout d’abord assez septique à l’idée de lire un thriller sous forme BD. Je trouve personnellement que ce format n’est pas des plus naturel pour ce genre de scénarios. Il faut dire qu’après cette lecture je pense avoir quelque peu changé d’avis: ce n’est pas adapté à la BD franco belge. En effet l’avantage du manga est qu’il permet une lecture très dynamique, on favorise donc la rapidité à un travail soutenu du dessin qui pousse à la contemplation de la case. Les grands yeux ainsi que les codes du manga permettent aussi de faire passer des concepts sans avoir une bulle de texte explicative qui ralenti le rythme. Le choix du dessin en noir & blanc renforce ici l’immersion du lecteur, la forêt qui ceinture l’île et les nombreuses scènes qui se déroulent dans la pénombre sont effectivement bien plus prenantes que si elles avaient été faite en couleur. Une chose renforce encore plus le contraste, c’est le « character design » qui est assez enfantin et  qui contraste avec la brutalité de l’histoire. L’histoire justement, parlons-en.

fantôme de l'île de Hozuki

le fantôme de la petite fille, un personnage énigmatique de l’histoire qui nourrit de nombreux fantasmes.

On suit au début deux personnages , Kokoro et sa petite sœur Yume, qui arrivent sur une île ou il n’y a qu’un seul bâtiment, une école entourée par une très large forêt. Les deux enfants prennent la chambre d’un autre enfant malade et qui est parti à l’hôpital sur l’île principale. Une chose frappe dès le début, le nombre assez faible d’enfant sur l’île, en effet, ils ne sont que six élèves pensionnaires alors qu’il y a quatre professeurs. On comprend toutefois très vite que les enfants de cette école ont tous un passé lourd malgré leur jeune âge. Souvent abandonnés par leurs parents de manière plus ou moins affreuse (dettes de jeux, divorces ayant mal tournés…) ces derniers ont perdus la confiance qu’ils avaient envers les adultes et se méfient d’eux. En effet la disparition du dernier pensionnaire « Hisanobu » ainsi que l’apparition persistante d’un fantôme de jeune fille sur l’île nourrit la suspicion des enfants. Le huis clos omniprésent de l’île que l’on ne peut quitter et son école ceinturée par une barrière empêchant toute exploration de l’île semble en effet fort suspecte.

kokoro et yume

Kokoro et sa petite soeur aveugle Yume, les personnages principaux de cette histoire.

Au travers des tomes on a envie d’en savoir un peu plus pour connaître enfin le fin mot de l’histoire. Petit plus à la fin de chaque volume: l’auteur montre son processus de création dans des planches à la fin. On comprend donc un peu mieux comment il a travaillé pour construire son scénario. Cerise sur le gâteau, Ki-oon propose des petites histoires courtes faites par l’auteur qui avaient été publiés en one shot dans des volumes de pré-publication.

Pour finir donc, je pense que même les personnes qui ne sont pas fan de manga à la base pourraient aimer cette histoire qui a un scénario bien construit et qui ne court pas sur une cinquantaine de tomes comme d’autres séries. J’ai personnellement dévoré les quatre tomes et même si on commence à deviner la fin de l’histoire, il y a tout de même du suspense jusqu’à la fin. Un manga comme on aimerait en voir plus souvent.





Festival de Darnétal + « Vegas »

27 09 2010

Depuis quelques années j’assiste au Festival de la bande dessinée de Darnétal qui a toujours lieu fin Septembre pour tenir le stand de l’association Sonanbul. Cette année n’a pas coupé à la règle, même si j’étais moins présent que les années précédentes. Mes premières impressions n’étaient pas franchement bonnes étant donné que le festival était encore plus petit que l’année dernière et qu’il était toujours payant ( 5/3€ la journée tout de même) pour le public de plus de 18 ans.  Le festival avait lieu dans une salle de tennis couvert réorganisée pour l’occasion et de deux chapiteaux qui prolongeaient le bâtiment à l’arrière. Il n’y avait donc qu’un des deux lieux de l’année passé, mais bon l’avantage au moins c’est que tout était au même endroit. On peut dire que malheureusement les dessinateurs qui étaient dans les chapiteaux ont du souffrir des conditions météo pas franchement folichonnes du weekend (tout comme pour les bénévoles sur notre stand qui était dans le chapiteau le  plus excentré).

Affiche du 15eme festival de la bande dessinée de Darnétal

La première bonne surprise fut que l’accueil sur place c’était grandement amélioré depuis les éditions précédentes. Si par le passé on avait même pas le droit d’avoir un café parce que l’on était pas dessinateur, ce n’était pas le cas cette année. Par contre il faut avouer que l’organisation avait quelques peu du mal, on se serait cru aux J.O. de Barcelone ou ils avaient peint les pistes du 100 mètres une demi-heure avant la course. Cela se voyait aussi malheureusement sur le programme ou l’on savait même pas les heures et les jours ou les auteurs dédicaçaient (alors que c’était marqué sur le blog du festival) et les personnes chargés des informations sur place n’en savaient pas beaucoup plus d’ailleurs. Autre mauvaise surprise découverte sur place, seul les personnes achetant une bande dessinée sur place avaient le droit d’aller faire une dédicace. Heureusement les dessinateurs ne semblent pas avoir suivi la consigne et ont autorisés les fans à faire une dédicace sur leur bande dessinée de leur choix.

Il y avait un bon nombre de petites expos proposés sur place et une notamment une sur Andréae, le dessinateur du très lyrique « Mangecoeur ». Comme chaque année, les dessinateurs et auteurs de BD normands ont répondus présent à l’appel, c’est ainsi que l’on a pu croiser Duval ou même Joël Jurion qui était la pour présenter sa nouvelle BD éditée chez Soleil (dont je vais parler un peu plus tard). C’est donc un bilan mi figue / mi raisin pour cette nouvelle édition du festival de la BD de Darnétal. On sentait un accueil franchement plus agréable que dans les éditions précédentes mais le festival était vraiment tout petit. On s’attendait à quelque chose d’un peu spécial pour une date « anniversaire » de la part de Darnétal et on a eu une édition relativement classique.

Il faut dire qu’en plus il n’est plus le seul sur le créneau puisque la semaine prochaine à lieu le festival de la BD de Dieppe qui malgré son jeune âge ne manque pas de motivation et aurait tendance à supplanter celui de Darnétal. Rien que dans la Région de Haute Normandie on ne dénombre pas moins de quatre festivals dans l’année. On se demande donc quel sera l’avenir du Festival de la BD de Darnétal, ne vaudrait -il pas mieux faire quelque chose avec toute l’agglomération rouennaise à fin de faire un festival de plus grande ampleur? J’espère en tout cas qu’un jour on aura le festival de l’agglo mérite et qui attirera plus de monde.

Vegas, Au revoir Julia

Vegas, Au revoir Julia

Enfin fini de parler du festival en lui même, un rapide coup d’œil au stand du « Grand Nulle part » m’a permis de voir que Jurion avait collaboré à un nouveau projet. La nouvelle BD s’appelle « Vegas », une aventure de science fiction dans un univers dans un futur proche ou une fille qui a perdu la mémoire essaye de retrouver des bribes de son passé à la manière forte.  On suivra donc les aventures de Julia dans un Las Vegas futuriste ou la technologie est la aussi bien pour se droguer que pour permettre la reconstruction moléculaire de notre héroïne. Le petit pitch proposé par soleil dit:

« Ne perdez jamais de vue le premier commandement de la clinique: se consacrer entièrement et exclusivement à ses patientes. Vous êtes une femme, 3101, alors soyez-en digne et acceptez fièrement ce que vous représentez pour ces décérébrés congénitaux de mâles: le désir… »

Anachron

le dernier tome d’Anachron, une BD mellant SF et Fantasy.

Un scénario assez classique pourrait-on dire donc, mais en même temps c’était plus pour le dessin de Jurion que pour l’histoire de Ludovic Danjou. Pour petit rappel Joël Jurion avait travaillé sur la série « Anachron » ainsi que sur « Les démons de Dunwitch ». On sent la pâte distinctive des personnages au fil des différents projets et le héros de « Vegas », Julia, prouve tout le talent du dessinateur.

On voit que dans son dernier projet l’auteur a fait un grand travail sur la colorisation, on sent bien l’atmosphère du désert toujours présente en filigrane dans les paysages des plaines de Vegas et la démesure des Casinos de la ville qui ne dort jamais. Les cadrages sont aussi très soignés, la sensation de mouvement et de rapidité est bien rendu et on suit les scènes d’action avec un grand plaisir.

Une petite déception nous guette toutefois puisque Soleil ne continuera pas l’aventure. C’est bien dommage puisque c’est certainement dans un deuxième tome que la série aurait pu trouver un thème qui l’aurait sortie un peu du lot et qui aurait permis de faire un scénario plus étoffé. C’est franchement dommage je trouve, d’autant plus que Joël Jurion m’a dit pendant la dédicace qu’il n’était plus trop tenté par la bande dessinée malgré le fait qu’on lui propose de nombreux projets. Je souhaite néanmoins voir de nouvelles BD ou il serait dessinateur dans l’avenir car j’aime beaucoup son style. Affaire à suivre donc.

au revoir Julia

Ma dédicace de Joël Jurion, il prend son temps mais franchement ça vaut le coût d’attendre.








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